Conakry: la maison centrale appelée à disparaître, le site destiné à un vaste projet immobilier.

Conakry : la Maison centrale appelée à disparaître, le site destiné à un vaste projet immobilier

La Maison centrale de Conakry, principal établissement pénitentiaire de la République de Guinée, s’apprête à tourner une importante page de son histoire.

Située à Coronthie, dans la commune de Kaloum, en plein cœur de la capitale, cette prison est depuis plusieurs décennies au centre de l’actualité judiciaire et carcérale du pays. Détenus de droit commun, personnalités politiques, anciens hauts responsables de l’État ou encore personnes poursuivies dans des dossiers économiques . Ses murs ont vu défiler plusieurs générations de prisonniers.

Construite à l’époque coloniale française, autour des années 1930, la Maison centrale avait initialement été conçue pour accueillir environ 300 détenus. Au fil des décennies, l’établissement est devenu vétuste et largement dépassé par l’évolution de la population carcérale.

Selon nos informations, le président Mamadi Doumbouya a donné l’ordre de libérer complètement le site. Cette décision explique le transfert en cours de nombreux détenus vers d’autres établissements pénitentiaires du pays.

Mais contrairement à l’idée d’une simple démolition suivie de la reconstruction d’une nouvelle prison au même endroit, le site de la Maison centrale devrait changer totalement de vocation.

L’espace libéré à Coronthie devrait servir à la réalisation d’un vaste projet de construction lié à la Cité Chemin de Fer et une partie du quartier Coronthie dans le cadre de la transformation urbaine de cette partie de Kaloum.

Si le projet se concrétise comme annoncé, ce sera donc la disparition définitive de la plus célèbre prison du pays dans le paysage de Kaloum.

La démolition de tous les bâtiments de la prison devrait commencer dès le départ du dernier convoi de détenus à transférer.

Au cours des vérifications effectuées avant le transfert, un constat amer a été fait , plusieurs présumés bandits, voire certains parmi les plus redoutés, n’ont pas répondu à l’appel. Ils ne se trouveraient donc plus dans l’établissement. Nous reviendrons sur ce sujet.

Après près d’un siècle d’existence, la commune de Kaloum se débarrasse ainsi de sa célèbre Maison centrale, dont le nom reste associé à certaines des plus grandes affaires judiciaires et politiques de l’histoire contemporaine guinéenne.

Gbassikolo

Abdoul Latif Diallo
Journaliste d’investigation

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *