
Ousmane Sonko, tel un oeuf qui veut éclore avant l’heure.
C’est avec beaucoup d’attention que je suis l’actualité politique au Sénégal. Après avoir formulé mes prédictions sur les événements susceptibles de secouer le pays dans un avenir proche, plusieurs personnes m’ont reproché de ne rien maîtriser de la situation politique sénégalaise ni de la culture démocratique du peuple sénégalais. Le temps nous édifiera.
Ce qui se passe présentement au Sénégal est un bras de fer entre l’exécutif et le législatif, autrement dit, entre Sonko et le président Diomaye.
Après son limogeage, j’avoue avoir vu un Ousmane Sonko plus pondéré dans ses prises de parole, au point de placer le Sénégal au-dessus de sa personne et de son leadership.
Je pense que c’est aussi une manière de démontrer à ceux qui le qualifient de va-t-en-guerre qu’il est capable de mettre son ego de côté pour l’intérêt supérieur de la Nation.
Toutefois, ce qui m’intrigue, c’est la raison pour laquelle il n’a pas adopté cette même attitude lorsqu’il était Premier ministre du Sénégal. Pourquoi semblait-il vouloir se placer en permanence dans une posture de confrontation verbale avec le président Bassirou Diomaye Faye ? Pourquoi tenait-il à convaincre l’opinion publique que Bassirou Diomaye Faye n’était qu’un président par procuration ?
Dès lors que le parti Pastef disposait de la majorité à l’Assemblée nationale, n’aurait-il pas été plus judicieux de s’opposer, par les voies institutionnelles, à toute loi s’écartant de sa vision, plutôt que de désavouer publiquement le président de la République qui l’avait nommé à la tête du gouvernement ?
La réponse est simple, voire simpliste : il avait déjà tout planifié. Son arrivée à la tête de l’Assemblée nationale et son coup de force constitutionnel visent à mettre du sable dans l’attiéké de celui qu’il considère comme sa propriété privée. Sinon, pourquoi n’a-t-il pas engagé ces réformes lorsqu’il était Premier ministre, alors que son camp disposait déjà de la majorité à l’Assemblée nationale ?
Moi, je pense qu’il lui aurait sans doute été plus facile d’accéder au pouvoir en restant aux côtés du président Diomaye, même dans l’hypothèse où celui-ci se serait progressivement éloigné de l’idéologie de Pastef. Car il ne faut pas perdre de vue qu’il y a, d’une part, Pastef et, d’autre part, la République du Sénégal. Aucun programme politique, aussi ambitieux soit-il, ne peut, à lui seul, conduire un pays à l’aboutissement de son émergence.
Chaque dirigeant apporte sa pierre à l’édifice et laisse ainsi sa propre empreinte dans l’histoire de la gouvernance du pays.
« Sonko moy Diomaye », oui, pendant la campagne électorale. Mais dans l’exercice de la fonction présidentielle, « Sonko dou Diomaye ». Le président reste le président, avec toute l’autonomie et toute la légitimité que lui confère sa charge.
Même dans sa dernière sortie devant les médias, il utilise des termes péjoratifs et rabaissants pour qualifier le président de la République, une façon de dire au monde entier que les jours de Bassirou Diomaye Faye sont comptés à la tête du Sénégal.
J’y reviendrai !
