Guinée : Menace de dissolution des conseils élus par des délégations spéciales en cas de mauvaise gestion .

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Menace de dissolution des élus locaux en cas de mauvaise gestion

Le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, lors de sa récente sortie au lendemain des élections ayant permis la mise en place des 8 753 conseillers communaux sur l’ensemble du territoire national, a déclaré ouvertement qu’en cas de détournement de fonds publics, il n’hésiterait pas à dissoudre les conseils concernés et à les remplacer par des délégations spéciales.

Cette déclaration est perçue par certains comme une volonté de revanche, dans la mesure où le mouvement politique GMD a perdu plusieurs communes stratégiques, notamment celle de Kaloum, qui abrite la Présidence de la République.

Cette défaite démontre également, selon cette analyse, que les résultats des élections législatives ne reflètent pas pleinement la volonté populaire, dans la mesure où ce sont les mêmes électeurs qui se sont exprimés lors des différents scrutins.

Le recours aux délégations spéciales au détriment des élus du peuple constituerait un recul préoccupant pour la démocratie. En effet, la gestion de la quasi-totalité des délégations spéciales sortantes a été largement critiquée. Certains de leurs responsables ont été poursuivis devant la CRIEF, sans qu’à ce jour leurs dossiers n’aient abouti à un procès sur le fond de leur gestion. D’autres auraient été remis en liberté sous l’influence de hauts responsables agissant en coulisses.

Depuis ce revers électoral, ainsi que la colère attribuée au Président de la République, qui envisagerait un remaniement ministériel, une véritable inquiétude semble gagner les ministres impliqués dans le processus électoral, notamment ceux du département de tutelle. Selon des sources proches du pouvoir, la déception serait profonde et la trahison ressentie comme totale.

Il convient de rappeler que cette menace de dissolution est contestée par ceux qui estiment que les élus du peuple disposent d’une légitimité supérieure à celle du gouvernement, dans la mesure où ils sont directement issus du suffrage populaire, contrairement aux membres de l’exécutif.

Il est également important de rappeler que, malgré l’exclusion de plusieurs grands partis politiques traditionnels, qui a entraîné un boycott massif des élections, le mouvement GMD a subi un revers face à des mouvements politiques indépendants.

Pour certains observateurs, ce résultat constitue un message fort de désapprobation à l’égard de la politique de refondation menée au sommet de l’État. Selon cette lecture, le peuple a pris conscience de la situation et le pouvoir est appelé à se remettre en question, en privilégiant davantage le dialogue, l’inclusion et la concertation, plutôt qu’une gouvernance perçue comme unilatérale et autoritaire. La Guinée appartient à tous les Guinéens.

Moussa Condé

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