
La chute silencieuse d’Ousmane Gaoual : quand l’ambition s’éteint faute de résultats !
Il y a des chutes politiques qui se font dans le bruit, et d’autres dans un silence assourdissant. Celle d’Ousmane Gaoual Diallo appartient à la seconde catégorie.
Après avoir atteint son objectif politique majeur la radiation de l’UFDG l’ancien ministre porte-parole du gouvernement est désormais sans rôle, sans influence, sans utilité réelle au sein de l’appareil d’État.
Le porte-parole a perdu la parole, et le poids lourd de la politique est devenu un poids plume. Aujourd’hui, il fait plus de bruit sur les souvenirs que dans les décisions.
Bah Oury, l’adversaire qu’il n’a jamais su dominer
Au sein du gouvernement, Ousmane Gaoual a longtemps considéré Bah Oury comme un rival. Mais les faits sont têtus : à chaque confrontation, Bah Oury a eu le dernier mot.
Il l’a écarté du poste stratégique de directeur de campagne de la GMD lors des précédentes échéances électorales. Et vendredi dernier, il l’a symboliquement éteint une dernière fois, en rappelant publiquement une règle fondamentale : le gouvernement n’est pas un champ de rivalités personnelles, mais une équipe avec un chef.
« Il y a un Premier ministre qui est votre supérieur hiérarchique direct. Vous devez vous référer. Sans cette articulation, il n’est pas possible de réussir. »
Ce rappel, ferme et assumé, n’était pas anodin. Il visait les comportements d’orgueil, les initiatives solitaires, les ministres qui s’affranchissent de la coordination. Et dans ce portrait, beaucoup ont vu l’ombre d’Ousmane Gaoual.
Un bilan qui ne résiste pas à l’examen
Au-delà des rivalités internes, un constat interpelle : Le problème n’est plus ce qu’Ousmane Gaoual promet, mais ce qu’il réalise. Son bilan ressemble à un chantier où le panneau d’inauguration est installé depuis longtemps, mais où les ouvriers ne sont jamais arrivés.
Les annonces ont été si nombreuses qu’on pourrait en faire un catalogue.
À ce rythme, Ousmane Gaoual finira par créer un nouveau département ministériel : le ministère des Promesses Renouvelables. Les annonces y sont produites en abondance, mais les réalisations restent en rupture de stock.
Guinée Télécom : toujours au point mort.
Les 100 bus promis : jamais aperçus dans les rues de Conakry.
Conakry Ville Moderne : un projet resté au stade de slogan.
Air Guinée : la relance annoncée pour début 2025 s’est volatilisée.
Les ambitions pour le port de Conakry : aucun résultat tangible à ce jour.
À un moment, les mots ne suffisent plus. Car lorsqu’un bilan joue à cache-cache avec les citoyens, il devient difficile de convaincre autrement que par des promesses recyclées.
Un homme politique arrivé au bout de son récit
La politique n’est pas seulement affaire de discours ; elle est affaire de preuves. Et lorsque les preuves manquent, les discours finissent par sonner creux. Ousmane Gaoual Diallo, autrefois figure bruyante et omniprésente, est aujourd’hui arrivé au bout de son récit politique, dépassé par les exigences du moment et par un Premier ministre qui, lui, entend remettre de l’ordre, de la discipline et de la cohérence dans l’action gouvernementale.
Le verdict est tombé : l’heure n’est plus aux rivalités, mais à la responsabilité
En rappelant publiquement la hiérarchie, Bah Oury n’a pas seulement recadré un ministre. Il a envoyé un message à tout le gouvernement : l’orgueil n’a plus sa place, les initiatives solitaires non plus. L’heure est à la discipline, à la coordination, à l’efficacité.
Et dans cette nouvelle architecture, Ousmane Gaoual n’a plus de rôle clair. Sa chute n’est pas brutale ; elle est logique. Elle n’est pas injuste ; elle est méritée par l’absence de résultats. Elle n’est pas surprenante ; elle était annoncée depuis longtemps. L’homme qui dit aux investisseurs qu’il est l’Homme du Président Mamadi Doumbouya et qui croyait à une ascension fulgurante vient de connaitre une chute fracassante.
Abdoul Latif Diallo
Journaliste d’investigation
