Gare routière de Madina: Conteste une mise en demeure de deguerpissement

Gare routière de Madina : la famille Diallo (Foulabas ) conteste une mise en demeure de déguerpissement

Conakry — La situation autour de la Gare routière de Madina suscite de nouvelles interrogations. La famille Foulabas, qui affirme détenir des droits sur l’exploitation et la gestion du site à la suite de plusieurs engagements administratifs pris au fil des années, se trouve aujourd’hui confrontée à une volonté des autorités actuelles de récupérer les lieux.

Selon les éléments communiqués par la famille, cette situation remonte à 2007, lorsque Malick Sankon, alors gouverneur de la ville de Conakry, aurait accordé légalement à la famille Foulabas un bail portant sur la Gare routière de Madina.

Deux ans plus tard, en 2009, pendant la période de transition du CNDD, le ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat, Boubacar Barry, aurait conclu un contrat de cession concernant la gare routière. La famille Diallo ( foulabas ) , qui affirme avoir assuré la gestion de ce contrat, aurait ensuite envisagé de valoriser davantage le site à travers la construction de magasins et de boutiques autour de la gare.

Mais le projet aurait été confronté à plusieurs difficultés et à des manœuvres attribuées par la famille à certains acteurs syndicaux ainsi qu’à d’autres personnes intéressées par l’exploitation du site. Ces tensions auraient contribué à ralentir, voire à empêcher, la réalisation des investissements envisagés.

Un contrat d’exploitation de 35 ans en 2018

Le dossier connaît une nouvelle évolution en 2018, lorsque le gouverneur Général Mathurin Bangoura aurait proposé à la famille Diallo ( Foulabas ) un contrat d’exploitation portant sur une durée de 35 ans.

Selon les informations fournies par la famille, cet accord aurait ensuite été entériné en 2019 par une session du conseil communal de Matam, renforçant ainsi, selon elle, la légitimité de son occupation et de son exploitation de la Gare routière de Madina.

La famille estime donc que l’ensemble de ces actes administratifs successifs constitue un ensemble d’engagements qui ne peut être ignoré du jour au lendemain.

Une décision qui surprend la famille

C’est dans ce contexte que les autorités actuellement en fonction auraient engagé une procédure visant à récupérer les lieux et à faire partir leurs occupants.

Pour la famille Diallo (Foulabas), cette démarche intervient contre toute attente, puisqu’elle considère que les différents contrats et engagements pris par les autorités précédentes devraient continuer à produire leurs effets, sauf décision administrative ou judiciaire régulière venant les remettre en cause.

La famille affirme également avoir appris, par des sources proches du dossier, que les autorités envisageraient de confier l’exploitation de la Gare routière de Madina à une autre personne.

Une perspective qui, si elle se confirmait, pourrait davantage envenimer le différend.

La voie judiciaire envisagée

Face à cette situation, la famille Diallo (Foulabas) entend faire valoir ses droits. Elle se réserve notamment la possibilité de saisir les juridictions compétentes afin de faire examiner la validité des différents actes administratifs et contractuels intervenus depuis 2007.

Son argument central repose sur la nécessité de respecter les engagements pris par l’administration au fil des années et de ne pas remettre en cause des droits contractuels sans procédure régulière.

La question dépasse ainsi le seul cas de la famille Diallo (Foulabas) Elle pose également celle de la sécurité juridique des contrats conclus avec l’administration, notamment lorsqu’un changement d’autorités intervient.

Un dossier qui pourrait connaître une nouvelle bataille juridique

La Gare routière de Madina constitue un emplacement stratégique dans la capitale guinéenne et représente un enjeu économique important pour les différents acteurs qui souhaitent en assurer la gestion.

Dans ce contexte, le différend entre la famille Foulabas et les autorités actuelles pourrait désormais se déplacer sur le terrain judiciaire.

Il appartiendra aux juridictions compétentes, si elles sont saisies, de déterminer la portée juridique des actes conclus en 2007, 2009, 2018 et 2019, ainsi que les éventuelles conditions permettant à l’administration de mettre fin ou non aux droits issus de ces engagements.

En attendant, la famille Diallo (Foulabas ) affirme rester déterminée à défendre les droits qu’elle estime avoir acquis légalement sur la Gare routière de Madina et à faire respecter les engagements pris par les différentes autorités au cours des dernières années.

Youssouf Camara

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