Guinée : Dar- es- salam un parc urbain demain, mais où iront nos déguerpis d’aujourd’hui

Dar-Es-Salam : un parc urbain demain, mais où iront les déguerpis aujourd’hui ?

Une semaine après le drame qui a endeuillé Dar-Es-Salam, le Général Mamadi Doumbouya s’est rendu ce samedi sur le site de l’éboulement, accompagné de plusieurs responsables de l’État. À travers le Général Amara Camara, l’État a exprimé ses condoléances aux familles endeuillées et rappelé que les opérations de déguerpissement étaient déjà engagées. Il a également évoqué les indemnisations qui, selon lui, avaient été accordées précédemment à certains occupants, avant de présenter la nouvelle vocation envisagée pour le site, un parc urbain.

L’idée d’assainir Dar-Es-Salam et de redonner à cet espace une nouvelle image pour Conakry peut être saluée. Mais dans toute cette annonce, une question demeure , et les familles qui ont perdu leur maison, où vont-elles vivre ?
Car derrière chaque concession démolie, il n’y a pas seulement une construction. Il y a parfois des décennies de vie, des économies, des souvenirs, une famille. Certains habitants affirment vivre là depuis plusieurs dizaines d’années. D’autres disent avoir été surpris par la rapidité des démolitions et ne pas savoir aujourd’hui où aller.

Et c’est précisément là que le discours mérite d’être prolongé.
Le Général Amara Camara a parlé d’indemnisations déjà accordées. Très bien. Mais qu’en est-il de ceux dont les maisons viennent d’être détruites ? Seront-ils indemnisés ? Seront-ils recasés ? À quelles conditions ? Et selon quels critères ?
Ces questions ne remettent pas en cause la nécessité de sécuriser une zone devenue dangereuse. Elles rappellent simplement qu’une politique publique ne doit pas seulement penser au territoire à réaménager, mais aussi aux citoyens qui y vivaient.

Un parc urbain peut embellir une capitale. Mais avant de penser à l’embellissement de Conakry, il faut aussi penser à ceux qui, aujourd’hui, cherchent simplement un toit.
Le véritable défi de Dar-Es-Salam ne sera donc pas seulement de faire disparaître les ordures. Ce sera de ne pas laisser disparaître, avec elles, les préoccupations de ceux qui ont été déguerpis.

Soumah Fodé Amar

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