La Guinée n’a pas été humiliée à New York , c’est le putschiste Mamady Doumbouya qui a été démasqué

LA GUINÉE N’A PAS ÉTÉ HUMILIÉE À NEW YORK, C’EST LE PUTSCHISTE MAMADI DOUMBOUYA QUI A ÉTÉ DÉMASQUÉ

Depuis les manifestations de New York, un chœur bien orchestré s’élève sur les réseaux sociaux : des larbins et des valets du régime, tribune après tribune, pleurent une Guinée qui aurait été 《humiliée》à New York parce que les Forces vives de Guinée ont osé manifester en marge de l’Assemblée générale des Nations unies. Ce discours est un mensonge, et un mensonge calculé. Il ne mérite ni votre silence ni votre adhésion.

Posons d’emblée la vérité qui dérange tant le pouvoir : Mamadi Doumbouya n’est pas la Guinée. La Guinée, c’est un peuple, une histoire, une terre, quinze millions de destins. Doumbouya n’est qu’un homme, arrivé au pouvoir par les armes, qui gouverne aujourd’hui par la peur, la censure et la disparition. Confondre l’homme et la nation, c’est précisément la manœuvre par laquelle les régimes autoritaires cherchent à se rendre indétrônables, comme si critiquer le prince revenait à trahir la patrie. Nous ne sommes pas dupes de ce vieux procédé.

Ceux qui se sont rassemblés à New York ne visaient pas la Guinée. Ils dénonçaient la politique de Mamadi Doumbouya : les disparitions forcées que nous attribuons à ses services, les allégations de fosses communes, les assassinats, l’exil forcé d’opposants, les violences infligées à des citoyens dont le seul crime est de réclamer leurs droits, ainsi que les destructions de maisons de citoyens laissés sans dédommagement.

On ne manifeste pas contre son pays. On manifeste pour lui, pour qu’il redevienne ce qu’il devrait être : une démocratie digne de ce nom, et non la propriété privée d’une junte.

Car c’est bien cela, l’amour du pays : refuser de se taire quand ce pays souffre. Le patriotisme n’est pas la flatterie du pouvoir en place ; c’est l’exigence permanente que ce pouvoir rende des comptes. Nous, acteurs d’une diaspora mobilisée, ne renierons jamais ce combat. Tant qu’il y aura des disparitions à dénoncer, des exilés à défendre et des violences à documenter, notre voix continuera de porter, à New York comme partout où la conscience internationale peut encore être alertée.

Alors, à ceux qui, confortablement installés dans les privilèges du régime, osent parler d’humiliation nationale, la réponse est simple : la Guinée n’a pas été humiliée. Ce qui a été humilié, c’est le narratif du pouvoir. Ce qui a été exposé au grand jour, devant les représentants du monde entier, ce sont les manquements d’un régime qui préfère gérer son image plutôt que gérer son peuple.

Pour une fois, alors que l’actualité internationale est saturée de crises majeures, les regards se sont tournés vers la Guinée et vers les inquiétudes exprimées par une partie significative de sa population. C’est une victoire pour la vérité, pas une défaite pour la nation.

Quant au silence de nos compatriotes restés au pays, gardons-nous de la lecture paresseuse qu’en fait le pouvoir. Ce silence n’est pas un plébiscite. Là où la liberté d’expression est étranglée, où manifester expose à la prison, voire à pire, le silence n’exprime souvent qu’une chose : la peur. Interpréter ce mutisme comme une adhésion, c’est insulter ceux qui n’ont d’autre choix que de se taire pour survivre.

Ne confondons donc jamais la Guinée avec ceux qui, aujourd’hui, prétendent parler en son nom. Notre combat est un combat pour la démocratie, pour les libertés publiques et pour l’avenir d’un pays que nous refusons d’abandonner à l’arbitraire.

Tant que ces dérives se poursuivront, nous continuerons à les dénoncer, en Guinée comme à l’étranger, avec la même détermination et dans le respect intangible de notre engagement démocratique.

La vérité n’a pas de passeport diplomatique.

Abdoul Karim Diallo

《Ce n’est pas parce qu’une chose n’est pas encore atteinte qu’elle est inaccessible ; c’est plutôt parce qu’elle est inaccessible qu’elle n’est pas encore atteinte.》

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *