
« AFFAIRE ALGASSIMOU »
J’ai envie de dire; que s’est-il passé entre le désormais ancien magistrat et ses anciens copains du CNRD ?
Mais non, ça ne me regarde pas.
En revanche, l’affaire telle qu’elle a été présentée, attise ma curiosité.
Ce qui m’intrigue dans cette affaire d’audio faisant état d’une conversation entre un procureur en poste à la Cour suprême de Guinée et un homme politique opposé à la confiscation du pouvoir exécutif par une junte militaire, c’est le fait que ce procureur décline son identité en bonne et due forme en langue française, après avoir effectué les salutations d’usage en langue nationale.
Qu’un procureur, nommé à la Cour suprême par le président du CNRD, entame une discussion avec le leader qui est sans doute l’un des rares hommes politiques craints par le pouvoir de Conakry; au téléphone, dans un pays où les écoutes téléphoniques font légion et qui est mieux placé qu’un procureur pour le savoir ?
Dans un appel téléphonique, que ce dernier décline son identité et son titre aussi facilement, ça, c’est une histoire qui sera certainement racontée un jour… mais en attendant, nous n’allons pas nous détourner des dures réalités qui caractérisent votre gouvernance.
Entre autres,
- Vous savez intercepter les communications d’un procureur, mais vous n’avez aucune idée de qui a téléphoné à Habib Marouane Camara et que, suite à cela, il est porté disparu depuis plus d’une année maintenant.
- Vous avez la possibilité d’interdire facilement à un procureur de quitter le pays et de le radier de l’ordre des magistrats de Guinée, mais vous n’avez aucune capacité à trouver ceux qui ont enlevé le colonel Cécé Célestin Billivogui et qui vous ont gentiment rendu sa dépouille après plus d’une année de disparition.
Mais, soudain, vous pouvez intercepter un simple coup de téléphone d’un procureur de la Cour suprême.
Bravo, « très efficace » mais cette efficacité est au service de qui ?
En tout cas, pas au service du peuple de Guinée 🇬🇳.
Dites-nous simplement, que le rôle du procureur Algassimou Diallo est terminé dans le « processus » et qu’il doit être remplacé… ensuite on avance.
Abdourahmane keita depuis Bruxelles
