
Dr Dansa Kourouma : une trajectoire parlementaire qui le positionne pour le perchoir de la 10ème législature guinéenne
Alors que la Guinée s’apprête à installer sa future Assemblée nationale, appelée à devenir la 10ème législature de son histoire parlementaire, les regards se tournent déjà vers le choix du futur président de l’institution. Parmi les personnalités pressenties figure le Dr Dansa Kourouma, dont le parcours exceptionnel, à la croisée de la société civile, de la transition démocratique et de l’expérience parlementaire, constitue un atout majeur pour diriger le futur parlement guinéen.
Avant d’être un acteur politique institutionnel, Dr Dansa Kourouma est avant tout un produit de la société civile guinéenne. Il a construit son parcours au sein du Conseil National des Organisations de la Société Civile Guinéenne (CNOSC-G), la plus grande plateforme représentative des organisations de la société civile du pays. Après avoir gravi progressivement les différents échelons de cette organisation, il en devient président en 2015, incarnant une génération d’acteurs engagés pour la gouvernance démocratique, la participation citoyenne et le renforcement des institutions.
Son expérience parlementaire ne date pas d’aujourd’hui. En 2010, dans un contexte marqué par la transition politique en Guinée, il est désigné membre du Conseil National de la Transition (CNT), dirigé alors par Hadja Rabiatou Sérah Diallo. Au sein de cette institution, il occupe la fonction stratégique de deuxième secrétaire parlementaire et devient membre du bureau de l’assemblée de transition.
De 2010 à janvier 2014, il participe activement aux grands travaux législatifs qui ont marqué cette période charnière de l’histoire nationale. Avec les autres membres du CNT, il contribue au toilettage des textes fondamentaux, aux réformes institutionnelles et à l’élaboration des bases devant conduire à une nouvelle architecture constitutionnelle. Cette étape a permis d’accompagner une transition considérée comme apaisée, ouvrant la voie à l’installation de la 8ème législature en 2014.
Cette première expérience au sein d’un parlement de transition lui a permis d’acquérir une connaissance approfondie du fonctionnement des institutions, des mécanismes législatifs et des exigences liées à la construction démocratique.
Quelques années plus tard, son parcours institutionnel connaît une nouvelle étape majeure. À la suite de la prise du pouvoir par le Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD) le 5 septembre 2021, le président de la transition, le Général Mamadi Doumbouya, lui accorde sa confiance en le nommant président du Conseil National de la Transition (CNT) en janvier 2022. Il est officiellement installé dans ses fonctions en février de la même année.
Durant près de quatre années, sous son leadership, le CNT conduit une mission historique dans le processus de refondation institutionnelle de la Guinée. À travers un travail parlementaire intense, cette institution a porté plusieurs réformes majeures visant à préparer la sortie de transition et à poser les bases d’un nouvel ordre démocratique.
Parmi les acquis majeurs de cette période figurent l’élaboration d’une nouvelle constitution et la mise en place d’un nouveau cadre électoral, éléments essentiels ayant permis d’organiser le référendum constitutionnel du 28 septembre 2025, l’élection présidentielle de décembre 2025 ainsi que les élections législatives et communales du 31 mai 2026.
Au-delà des textes adoptés, l’expérience de Dr Dansa Kourouma au CNT représente un héritage institutionnel important pour la Guinée. Son parcours lui confère une double légitimité : celle d’un acteur issu de la société civile, proche des préoccupations citoyennes, et celle d’un parlementaire expérimenté maîtrisant les rouages de l’État et de la production législative.
À l’heure où la Guinée s’apprête à ouvrir une nouvelle page parlementaire avec la 10ème législature, la question du choix du président de l’Assemblée nationale sera déterminante. Fort de son expérience, de sa connaissance des institutions et de son rôle dans la conduite des réformes de transition, Dr Dansa Kourouma apparaît comme l’un des profils les mieux préparés pour occuper le perchoir du futur parlement guinéen.
Son éventuelle accession à cette fonction serait ainsi perçue comme la continuité d’un parcours entièrement consacré à la construction institutionnelle et au renforcement de la démocratie en Guinée.
Youssouf Camara
