
Alphonse Charles Wright, l’antidote au cartel de la corruption en Guinée
Depuis sa nomination en qualité de procureur spécial de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), en avril 2026, les Guinéens ont retrouvé confiance dans cette institution grâce à la compétence et à l’intégrité de celui qui incarne les poursuites contre les auteurs de crimes économiques et financiers.
Les attentes n’ont pas tardé à se concrétiser. En quelques mois seulement, des dizaines de dossiers ont trouvé leur épilogue grâce à des investigations minutieuses et au strict respect des procédures judiciaires. C’est une première en République de Guinée de voir des dossiers aussi sensibles, impliquant parfois des personnalités proches du pouvoir, être traités avec autant de célérité et de rigueur.
S’il est une institution dont les Guinéens saluent aujourd’hui les résultats, c’est bien la CRIEF sous l’impulsion de son nouveau procureur spécial. Jour après jour, de nouveaux dossiers de corruption et de détournement de deniers publics sont mis au jour, révélant l’ampleur d’un phénomène qui a longtemps freiné le développement du pays.
Le procureur spécial semble ainsi donner corps aux engagements pris lors de son discours de prise de fonction, lorsqu’il déclarait : « Un franc guinéen détourné des caisses de l’État, c’est une femme qui meurt dans une maternité par manque de médicaments ou d’équipements de travail. » Cette déclaration traduit une vision selon laquelle la corruption n’est pas seulement une infraction financière, mais également une atteinte directe aux conditions de vie des citoyens.
Aujourd’hui, certains cadres soupçonnés de malversations paraissent désemparés. Convaincus qu’aucune influence ni aucune négociation ne pourra infléchir le cours de la justice, certains iraient même jusqu’à recourir à des pratiques mystiques dans l’espoir d’échapper aux poursuites.
Cette lutte résolue contre la corruption constitue l’un des piliers essentiels du développement d’un pays. Une gestion disciplinée permet aux ressources publiques de bénéficier à l’ensemble de la population. Une gestion rationnelle favorise la réalisation d’infrastructures modernes. Une gestion rigoureuse limite le recours excessif à l’endettement, lequel demeure un frein majeur au progrès de nombreux pays africains.
Dans cette perspective, les autorités gagneraient à renforcer les dispositifs institutionnels et sécuritaires autour de ce haut responsable afin de lui permettre de poursuivre sa mission dans les meilleures conditions. Son succès serait un atout majeur pour la Guinée, tandis que son échec pourrait être perçu comme un revers dans la lutte contre la corruption.
Les autorités morales et religieuses ont également un rôle important à jouer. Leur engagement en faveur de l’intégrité, de l’éthique et de la bonne gouvernance pourrait contribuer à la réussite de cette dynamique de moralisation de la gestion publique.
L’histoire montre que la richesse d’une nation ne repose pas uniquement sur ses ressources naturelles. Des pays comme le Japon, Singapour ou la Malaisie ont démontré que la discipline, la bonne gouvernance et la rigueur dans la gestion économique peuvent constituer les véritables moteurs du développement.
Aujourd’hui, tous les Guinéens sont appelés à soutenir les actions de la CRIEF, notamment en dénonçant les faits de corruption et en refusant toute forme de protection ou de complaisance envers les auteurs de détournements de fonds publics.
Les pilleurs de l’économie nationale sont des ennemis du développement. En privant l’État de ses ressources, ils compromettent le bien-être des populations, entravent les progrès dans les domaines de l’éducation, de la santé, des infrastructures, du développement social et économique, ainsi que de la dignité humaine.
La lutte contre la corruption n’est donc pas seulement une exigence judiciaire : elle constitue une condition indispensable pour bâtir une Guinée plus juste, plus prospère et résolument tournée vers l’avenir.
Youssouf Camara
