L’ombre du Président Antonio Souaré plane sur le destin du football guinéen

L’ombre d’Antonio Souaré plane sur le destin du football guinéen

Depuis son départ de la présidence de la Fédération Guinéenne de Football (FEGUIFOOT), à l’issue de son mandat, et le refus catégorique de valider sa candidature à la suite d’une lourde conspiration à relent politique, ayant conduit à la mise en place d’un Comité de normalisation (CONOR), dont la gestion reste catastrophique pour l’avenir du football guinéen, notre football n’a jamais retrouvé le prestige qu’il connaissait sous la présidence d’Antonio Souaré.

Durant son mandat, le championnat national se déroulait dans les délais prévus. Les subventions destinées aux clubs étaient gérées de manière transparente et équitable à tous les niveaux. L’obtention des contrats de sponsoring du championnat ne faisait l’objet d’aucun arrangement douteux : tout se déroulait dans une transparence totale.

La gestion des équipes nationales, toutes catégories confondues, ne souffrait d’aucune irrégularité ni d’aucun manquement sur les plans professionnel et organisationnel. Le Comité national des supporters bénéficiait d’une prise en charge régulière lors de tous les déplacements officiels. Il n’était jamais question de trafic de visas au sein des délégations, ni de favoritisme.

Aujourd’hui, le temps semble lui avoir donné raison. Ceux qui l’ont combattu n’ont pas réussi à faire mieux que lui. En réalité, Antonio Souaré est un homme qui vit pour sa passion du football. Il sert cette discipline avec patriotisme, dévouement et sans intérêt personnel.

Bien avant de diriger la FEGUIFOOT, il avait déjà investi plusieurs milliards de francs guinéens pour reconstruire le mythique Horoya Athletic Club, qu’il a conduit au sommet du football national pendant plusieurs années. Sous sa direction, le Horoya AC est devenu l’un des plus grands représentants de la Guinée dans les compétitions africaines interclubs. Grâce à ses performances, le quota de la Guinée dans les compétitions de la CAF est passé de deux à quatre clubs.

Antonio Souaré a également construit, à Yorokoguia, dans la préfecture de Dubréka, l’une des plus grandes académies de football de la sous-région ouest-africaine, grâce à un investissement de plusieurs milliards de francs guinéens. Il a aussi été une personne ressource au sein du comité chargé des sponsors de la CAF, où son expertise et son savoir-faire ont été largement reconnus.

Depuis plus de cinq ans, notre football traverse une crise interminable, laissée entre les mains d’amateurs. Nous avons malheureusement choisi de privilégier la médiocrité au détriment de l’excellence. Cette crise a éloigné nos équipes nationales des grandes compétitions internationales et le niveau de notre championnat ne cesse de régresser, conséquence directe d’une gestion marquée par l’incompétence.

Chaque jour apporte son lot de crises : destitution du président de l’exécutif, accusations de corruption, guerres de clans… Pourtant, la Guinée mérite bien mieux que cette situation.

Si M. Antonio Souaré évoluait dans des pays comme la Côte d’Ivoire ou le Sénégal, il serait certainement valorisé et mis à contribution pour le développement du football, car dans ces pays, la compétence prime sur toute autre considération.

Aujourd’hui, notre football est dans une impasse et personne ne semble détenir de solution durable. Beaucoup estiment que le mécène Antonio Souaré demeure l’une des rares personnalités capables de redonner au football guinéen sa grandeur d’antan. Sans une véritable réforme portée par des compétences reconnues, nous risquons de continuer à tourner en rond sans trouver de solution.

Il est donc temps de réhabiliter Antonio Souaré et de lui redonner la possibilité de servir le football guinéen. Avant d’être un grand dirigeant, il a été footballeur international. Il est également un manager reconnu et un homme d’affaires accompli, qui n’a pas besoin de s’enrichir à travers le football, contrairement à certains de ses prédécesseurs et successeurs.

Nous lançons un appel à la conscience des dirigeants de clubs ainsi qu’à tous les amoureux du ballon rond afin que chacun sache reconnaître les mérites de ceux qui ont véritablement servi le football guinéen. Comme le dit l’adage : « Rendons à César ce qui est à César. »

Puisse cet appel être entendu afin que notre football sorte enfin de cette léthargie qui le mine depuis plusieurs années et que les Guinéens retrouvent la fierté de soutenir leur propre équipe nationale, au lieu de se tourner vers d’autres sélections africaines, européennes ou sud-américaines lors des grandes compétitions internationales.

Youssouf Camara

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *