
J’ai traversé l’une des périodes les plus sombres de ma vie entre 2017 et 2024. Une période de solitude, de violence psychologique, de menaces, d’insultes et d’isolement. Mais malgré tout, je n’ai jamais eu peur. Parce qu’au fond de moi, je me suis toujours dit une chose : seul Dieu décide de mon destin. Tant que je marchais avec la vérité, je refusais de courber l’échine.
Pourquoi cette période fut-elle si difficile ? Parce qu’un phénomène inédit s’installait au Sénégal. Un personnage nouveau, une méthode nouvelle, une manière dangereuse de manipuler les foules et de déconstruire les repères de la République. Dès les premiers instants, j’ai compris que ce que l’on présentait au peuple n’était qu’une illusion soigneusement fabriquée. J’ai vu le danger avant beaucoup d’autres. J’ai compris que cette trajectoire nous mènerait au chaos.
Mais dans ce pays où tout le monde applaudissait, où la peur empêchait les consciences de parler, dire NON était devenu un crime. On m’a insultée, humiliée, menacée. On m’a traitée de vendue, de traîtresse, de lâche. J’étais pratiquement seule. Personne ne voulait me défendre. Personne ne voulait s’afficher à mes côtés. Beaucoup me fuyaient comme si dire la vérité était devenu une maladie contagieuse. J’ai perdu des amis, des relations, des opportunités, du travail. J’ai été isolée parce que j’étais parmi les rares à dire publiquement : “cet homme n’est pas celui qu’il prétend être, et il représente un danger pour la République.”
Et pourtant, je n’ai jamais cédé. Twitter était devenu mon champ de bataille. Nuit après nuit, face à une machine de propagande redoutable, j’ai résisté avec mes convictions comme seule arme. Aujourd’hui, ce qui me console profondément, c’est de savoir que je ne me suis jamais trahie. Quand les gens pensaient que j’étais abandonnée, c’est précisément dans cette solitude que Dieu forgeait ma force. Il ne m’a jamais convaincue. Je ne suis jamais tombée dans le piège de l’aveuglement collectif. Et aujourd’hui encore, je reste convaincue d’une chose : cette imposture demeure un danger pour la République.
L’histoire finit toujours par rattraper les mensonges, mais elle honore éternellement ceux qui ont eu le courage de défendre la vérité seuls contre tous.
Rama Seck
