
Si vous voulez comprendre pourquoi le Président Diomaye a pris cette décision, il faut arrêter de regarder la surface.
Le vrai problème entre Diomaye et Sonko, ce n’est pas une histoire de personnes. C’est une histoire de pouvoir. Et de loyauté.
En mars 2024, on a vendu aux Sénégalais un duo. « Diomaye moyye Sonko ». L’idée était simple : un Président et un Premier ministre qui avancent ensemble. Sauf que dans la pratique, un duo ne peut pas fonctionner si l’un des deux refuse d’accepter qui est le capitaine.
Le 22 mai, Sonko a franchi la ligne rouge. Devant l’Assemblée nationale, il a publiquement désavoué le Président. Il a dit que Diomaye s’était trompé. Il a revendiqué le rôle d’un Premier ministre qui décide sans permission.
Ça, c’est le signal d’un homme qui ne veut plus exécuter. Il veut co-gouverner. Pire, il veut gouverner à la place de l’autre.
Et c’est là que ça devient dangereux pour le pays.
Un Premier ministre, par définition, n’a pas de légitimité propre. Sa légitimité vient du Président qui l’a nommé. Quand tu commences à construire ton image en opposition à celui qui t’a mis là, tu casses le contrat de confiance. Tu transformes la Primature en QG de campagne personnelle.
Regardez le fond du problème ,les divergences sur l’économie, sur le FMI, sur la conduite du gouvernement. Ce ne sont pas des détails toun . Ce sont des choix structurants pour le pays. Et ces choix reviennent au Président élu. Pas à son Premier ministre.
Sonko a fait un calcul politique. Il s’est dit que s’il posait des actions fortes, ça renforcerait son bilan à lui. Mais il a oublié une chose , dans notre système, le bilan positif ou négatif, c’est le Président qui le porte devant l’histoire. Donc soit tu travailles pour faire réussir ce bilan, soit tu travailles contre.
Et c’est là qu’il a perdu. Parce qu’un Premier ministre qui travaille contre le mandat de son Président, il trahit les Sénégalais qui ont voté pour ce projet en 2024.
Le Président Diomaye n’a pas limogé un rival. Il a protégé l’autorité de l’État. Il a rappelé une règle très basique, dans une République, il n’y a qu’un seul chef de l’exécutif.
Maintenant Sonko perd le seul outil qui lui permettait de gouverner. Il retourne à sa posture d’opposant, mais cette fois-ci contre le pouvoir qu’il a contribué à installer. Et Diomaye, lui, reprend la main sur son mandat.
C’est brutal. Mais c’est de la politique réelle.
