
« QUE DIREZ-VOUS À VOS PETITS-ENFANTS DANS 40 ANS ?
Quand les invectives deviennent une réponse politique via les proches du pouvoir, le niveau du débat public tombe au plus bas, a tel point qu’il traîne l’image de l’Etat à même le sol.
Depuis le début de la frénésie qui caractérise le soutien à ce régime, les excès se multiplient et vont crescendo.
Lorsque j’écoute certains de mes compatriotes sur les réseaux sociaux en train de s’en prendre aux parents des uns, aux leaders des autres, même aux morts, sous prétexte de montrer leur soutien à un homme, une seule chose me traverse l’esprit.
Comment feront ces gens dans 40 ans lorsqu’un de leurs petits-enfants viendra avec une de leurs vidéos pétries de propos injurieux et haineux, en leur posant la question suivante : « Grand-mère, ou grand-père, étais-tu obligé de tenir des propos pareils pour simplement afficher ton soutien à un chef d’État ? »
Franchement, je n’aimerais pas être à leur place le moment venu.
Parce que, voyez-vous, de la manière dont vous avez démocratisé les invectives aujourd’hui avec une vulgarité déconcertante, sans aucune gêne à l’égard de nos parents, c’est exactement avec la même décontraction que les générations futures s’adresseront à vous pour demander des éléments de réponse à des comportements et actions que vous avez posées des décennies auparavant.
S’il est vrai que chacun d’entre nous aura droit à son interrogatoire demain, pour certains, dès aujourd’hui, l’on peut dire sans doute qu’ils ne passeront même pas par le purgatoire tellement les preuves accumulées contre eux seront suffisantes pour faire damner leurs âmes pour la postérité.
Aujourd’hui, avec la fougue de la jeunesse et quelques privilèges offerts par le pouvoir en place, les conséquences à long terme semblent tellement lointaines voire impossibles à imaginer que ces gens sont littéralement incapables de se retenir à plus forte raison se remettre en question.
Mais croyez-moi, le temps passe si vite qu’il est parfois difficile de constater concrètement une décennie passée.
Alors, que chacun prépare ses éléments de réponse pour plus tard… car, l’intrépide et l’incorruptible juge qui est le temps, donne toujours son verdict à temps; même si pour nous les mortels le temps semble parfois mal choisi, mais quant à la vie, les choses arrivent toujours à point nommé.
Je rappelle simplement cet adage malinké qui dit ceci : « le jour où tu savoure le bonheur, c’est en ce moment même que tu tutoies le malheur »
Fin de citation.
Comme pour dire, qu’il faut savoir rester modeste même dans la gloire.
